Aider une amie ou un ami
De nombreux élèves ont soutenu un ami ou une amie qui avait des problèmes de santé mentale, mais plusieurs d’entre eux ne se sentaient pas préparés pour cela.1 Voici quelques stratégies pour t’aider à écouter, à offrir du soutien et à te rappeler — ainsi qu’à tes amis — que tu n’as pas à traverser tout ça seul.
Les élèves se tournent souvent vers leurs amis lorsqu’ils vivent des difficultés liées à leur santé mentale. Dans le sondage #ONecoute 2021, ils ont indiqué qu’un ami est généralement la première personne à qui ils parlent lorsqu’ils traversent une période difficile.
Ces échanges entre élèves existent pour plusieurs raisons, notamment :
- les élèves se sentent plus à l’aise de confier leurs préoccupations à un ami d’abord;
- la stigmatisation peut rendre plus difficile la démarche de demander de l’aide à un adulte;
- plusieurs ne savent pas où trouver des ressources en santé mentale ni comment s’adresser à un adulte pour obtenir du soutien.
Les élèves ont aussi exprimé leur désir d’en apprendre davantage sur la façon d’aider lorsque la discussion tourne autour des problèmes de santé mentale. Ce n’est pas toujours évident de savoir quoi dire ou comment agir quand quelqu’un qu’on aime traverse un moment difficile.2 C’est pourquoi nous avons rassemblé quelques conseils et informations pour t’aider à te sentir plus préparé et plus confiant face à différentes situations.
En parlant ouvertement de santé mentale avec tes amis, tu leur offres non seulement ton soutien, mais tu contribues aussi à réduire les préjugés et à encourager les autres à demander de l’aide plus facilement.
Fais le point avec toi-même
Aider quelqu’un peut être très valorisant, mais cela peut aussi être éprouvant sur le plan émotionnel. C’est pourquoi il est important de vérifier comment tu te sens avant, pendant et après avoir soutenu quelqu’un. Prends le temps de t’occuper de toi et demande de l’aide lorsque tu en as besoin. Tu peux aussi consulter la ressource Prendre soin de ta santé mentale pour découvrir des façons de prendre soin de toi.
On ne peut pas verser à partir d’une tasse vide! Prendre soin de toi te permet de continuer à être présent pour les autres de façon saine et équilibrée.
Voici quelques questions à te poser :
- Comment est-ce que je me sens en ce moment ?
- Est-ce que j’ai ce qu’il me faut pour rester en bonne santé ?
- Est-ce que j’ai l’énergie et le temps nécessaires pour gérer une conversation difficile maintenant ?
- À qui puis-je demander du soutien si la discussion devient trop lourde à gérer seul ?
Signes à surveiller
Tout comme pour ta propre santé mentale, des changements de comportement, de pensées et d’émotions que tu remarques chez ton ami peuvent indiquer qu’il a besoin de plus de soutien. Voici quelques questions pour t’aider à réfléchir :3
- As‑tu remarqué un changement dans la façon dont la personne pense, se sent ou agit?
- Est‑ce que ce changement l’empêche de faire des choses importantes dans sa vie? Par exemple : manquer des cours ou passer moins de temps avec ses proches?
- As-tu remarqué ce changement ou cette préoccupation depuis un certain temps, comme pour plus de deux semaines?
- As‑tu remarqué s’il ou elle gérait ses problèmes d’une manière qui ne l’aide pas vraiment?
- Est‑ce qu’il ou elle semble porter un fardeau trop lourd?
Comment tu peux aider tes amis
La meilleure chose que tu puisses faire pour tes amis, c’est d’être à leur écoute. Cela peut signifier les écoute sans jugement, partager des histoires, passer du temps ensemble ou tout simplement rester assis en silence. Le plus important, c’est de les aider à se sentir en confiance et soutenus.
Si tu soutiens quelqu’un, tu dois t’assurer de :
- connaître ton rôle et de t’y tenir ;
- reconnaître quand il est temps de faire appel à un adulte pour aider ;
- prendre le pouls de ta situation et prendre soin de ta propre santé mentale.
N’oublie pas les 5 règles d’or pour soutenir une amie ou un ami
Si tu soutiens quelqu’un avec sa santé mentale, les 5 règles d’or de la ressource « Êtrelà.org » peuvent t’aider. Voici à quoi elles ressemblent.4
Tends la main lorsque tu remarques que quelque chose est différent. Tiens-en toi aux faits et évite les suppositions et les jugements. Dis à ton ami les changements que tu as observés, fais-lui savoir que tu es inquiet et demande-lui s’il va bien.
Tu pourrais dire quelque chose comme :
- « Salut. Je n’ai pas eu de tes nouvelles depuis un bon moment. Comment ça va? »
- « Salut. J’ai remarqué que tu ne ris plus autant qu’avant. Comment ça va? Tu vas bien? »
Ne présume pas que tu sais ce dont la personne a besoin ou ce qui est le mieux pour elle. Il faut poser la question! Crée un environnement solidaire en étant inclusif, serviable, compatissant et à l’écoute.
Tu pourrais dire quelque chose comme :
- « Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider? »
- « Qu’est-ce qui te soutiendrait? »
- « Est-ce que ce serait bien si nous essayions____ et voyons comment ça se passe? »
Donne-lui l’espace nécessaire pour s’exprimer. Pose des questions de suivi et valide ce qu’il ressent. Si ton ami ne veut pas parler, fais-lui savoir que tu continueras d’être là s’il change d’avis.
Tu pourrais dire quelque chose comme :
- « Je t’entends. Ça m’a l’air super dur. Peux-tu m’en dire un peu plus à ce sujet? »
- « Comment te sens-tu maintenant? »
Ton rôle est d’être là et d’écouter, pas d’arranger les choses. Fixe des limites pour aider à protéger ton amitié et ta propre santé mentale.
Tu pourrais dire quelque chose comme :
- « Il est très tard et nous avons tous les deux besoin de dormir. Pouvons-nous en parler plus longuement demain? »
- « Je me soucie de toi et je suis là pour toi. Je dois aussi prendre soin de ma santé mentale, et il y a certaines choses dont je ne suis pas à l’aise de parler. »
- « Je ne peux pas parler maintenant, mais peut-on en discuter plus tard? »
- « Je veux t’aider, mais je ne suis pas une experte. Penses-tu que ça pourrait t’aider de parler à quelqu’un qui l’est? »
Si la personne a dit quelque chose qui t’inquiète pour sa sécurité ou celle des autres, il est important d’en parler à un adulte de confiance — même si l’on t’a demandé de ne pas le faire. Ça peut vouloir dire réveiller un parent ou un aidant naturel, ou encore appeler une ligne d’assistance téléphonique.
Propose à ton amie de l’aider à trouver du soutien pour sa santé mentale. S’elle n’a pas de « succès » avec la première personne répondante, encourage‑la à continuer d’essayer — c’est normal que ça prenne parfois plusieurs essais pour trouver le bon soutien.
Tu pourrais dire quelque chose comme :
- « Tu n’es pas seule. As-tu pensé à parler à un adulte en qui tu as confiance? »
- « À qui d’autre ferais-tu confiance pour t’aider à surmonter cette situation? »
- « C’est trop gros pour nous deux. Nous avons besoin d’une aide supplémentaire. »
- « Je tiens trop à toi pour ne pas en parler à quelqu’un qui peut nous aider. »
- « Veux-tu que je vienne avec toi? »
Il peut parfois sembler étrange ou délicat d’aborder des sujets complexes avec une amie ou un ami, mais le fait d’amorcer la conversation de façon naturelle — comme vous le faites habituellement — peut vraiment aider.
En général, les gens ne disent pas directement « je veux me suicider », mais ils peuvent laisser paraître leur détresse de bien d’autres façons comme publier des messages sombres, s’isoler de leurs proches ou faire des blagues sur le fait de ne plus vouloir être là.
Tu pourrais dire quelque chose comme :
- · « Tu dis des trucs assez lourds… tu vas bien? »
- · « Quand tu dis que t’en peux plus, tu veux dire que t’en peux vraiment plus? »
- · « Ce que t’as posté… je dois m’inquiéter? »
Si tu es vraiment inquiet pour une amie, tu peux aussi lui demander directement si elle pense au suicide. Ça peut aider à réduire la stigmatisation et permettre à ton amie de se confier.
Tu peux dire quelque chose comme :
- · « Penses-tu au suicide? »
- · « Est-ce que tu penses à la mort ou à mourir? »
- · « Tu sembles vraiment déprimée ces derniers temps. Est-ce que tu penses au suicide? »
- · « Parfois, quand les gens parlent de la mort ou plaisantent sur le fait de ne plus être là, c’est qu’ils traversent une période difficile. Est-ce que ça va? »
Si ton amie te dit qu’elle pense au suicide ou qu’elle ne veut plus vivre, il est important d’obtenir de l’aide immédiatement. Ton rôle, c’est d’être à ses côtés et de l’aider à entrer en contact avec des personnes qui peuvent le soutenir. Même si ton amie ne pense pas nécessairement au suicide, mais que tu restes inquiet, tu peux quand même demander de l’aide.
Pour en savoir plus, consulte Comment aider un ami à gérer ses idées suicidaires de Jeunesse, J’écoute.
Tu n’as pas à gérer ça tout seul
Il est possible qu’à certains moments ton ami aura besoin de plus de soutien que tu ne pourras lui offrir. Si tu remarques chez lui des changements importants, durables et qui affectent son quotidien, il se peut qu’il traverse quelque chose de plus sérieux que les hauts et les bas habituels. Dans ce cas, il pourrait avoir besoin de l’aide d’une adulte de confiance ou d’une professionnelle de la santé mentale, comme une enseignante, une conseillère en orientation, une cheffe religieuse ou culturelle, une Aînée, une médecin de famille, une travailleuse sociale ou une psychologue.
Si ton ami a dit ou a fait quelque chose qui te fait craindre pour sa sécurité ou celle d’une autre personne, ou que tout semble démontrer qu’il pourrait avoir des pensées suicidaires, il est essentiel d’en parler immédiatement à un adulte en qui tu as confiance — même s’il t’a demandé de ne rien dire. La meilleure façon de lui prouver que tu es un bon ami, c’est de l’aider à obtenir le soutien dont il a vraiment besoin.
Si tu ne trouves pas d’adulte de confiance à qui parler, tu peux appeler ou envoyer un texto gratuitement à l’un des Centres d’assistance téléphonique répertoriés dans le site Web de SMS-ON. Les intervenants pourront te donner des conseils pour que tu puisses soutenir ton ami.
Fais confiance à ton instinct : si quelque chose te semble inquiétante ou inhabituelle, n’hésite pas à demander de l’aide.
Sache faire la différence entre secret et vie privée
Il y a beaucoup de choses que tu peux faire pour soutenir une amie ayant un problème de santé mentale, mais il est important de savoir que tu n’es pas tenu de le faire seule. Parfois, nous avons besoin d’une aide supplémentaire pour nos amis, et cela peut impliquer de partager une préoccupation concernant une amie avec quelqu’un d’autre. Cela peut sembler très personnel et tu peux craindre de briser la confiance d’une amie, mais sache qu’il existe des différences importantes entre le secret et la vie privée.
- Le secret consiste à ne révéler à personne des informations, même aux personnes qui en ont besoin.
- Le respect de la vie privée consiste à ne partager que les informations nécessaires et uniquement avec les personnes qui en ont besoin pour aider quelqu’un ou assurer sa sécurité5.
Visite les Centres d’assistance téléphonique pour connaître toutes les ressources disponibles.
Fais le point avec toi-même (encore une fois)
Comme on l’a dit plus tôt, c’est important de prendre le pouls de ta situation avant, pendant et après avoir aidé une amie ou un ami.
Demande-toi :
- Comment est-ce que je me sens ?
- Est-ce que j’ai besoin de parler à quelqu’un de ce que je ressens ? Sois honnête avec toi-même : c’est normal si tu as besoin de te défouler ou de partager ce que tu ressens en ce moment.
Consulte la section « Prendre soin de ta santé mentale » pour plus d’informations.
1. Être là – une ressource de jack.org. Le développement d’être là.
3. Gouvernement de l’Ontario. Santé mentale des enfants et des jeunes : signes et symptômes.
4. Être là – – créé par Jack.org. (n.d.).
5. Prizeman, K., McCabe, C., et Weinstein, N. (2024). Stigma and its impact on disclosure and mental health secrecy in young people with clinical depression symptoms: A qualitative analysis. PLOS ONE, 19(1). https://doi.org/10.1371/journal.pone.0296221 (en anglais seulement)
