Pourquoi la voix des élèves est importante : œuvrer ensemble pour la santé mentale dans les écoles
Cet article de blogue a été rédigé en collaboration avec Ayomide Amole, membre du groupe d’élèves anglophones ThriveSMH, et s’appuie sur les réflexions qu’elle a exposées lors de son intervention à la Rencontre de leadership provincial du printemps 2026.
As-tu déjà eu l’impression que ce que tu es a moins d’importance que ce que tu fais?
Pour beaucoup d’élèves, ce sentiment est bien réel. On peut avoir l’impression que ta valeur se mesure à tes notes, à tes performances sportives ou à ton statut social — comme si qui tu es comptait moins que ce que tu accomplis. Tu peux même te surprendre à te demander : « Est-ce que je suis à la hauteur… même si je ne suis pas la meilleure dans un domaine ? »
Lorsque les élèves commencent à ressentir ça, quelque chose d’important change. Ce n’est pas seulement la confiance en soi qui s’estompe, mais aussi l’engagement. Les élèves cessent de lever la main. Ils arrêtent de partager leurs idées. Ils sont présents physiquement, mais pas mentalement ni émotionnellement. Mais voici une vérité fondamentale : l’inverse est également vrai. Lorsque les élèves se sentent vus, écoutés et valorisés pour ce qu’ils sont, tout change. Ils s’impliquent. Ils participent. Ils créent des liens. Ils s’approprient leur apprentissage. Parce que le véritable engagement ne vient pas de la pression – il vient de la connexion.
La connexion est plus importante que jamais
Aujourd’hui, créer des liens peut sembler compliqué. Beaucoup de jeunes passent plus de temps devant leurs écrans qu’entre eux. Et ce n’est pas seulement une question de comment on tisse des liens; c’est aussi une question de ce qu’on ressent à travers ces liens. Même si on est peut-être plus « connectés » que jamais, beaucoup d’élèves se sentent encore seuls.
C’est pour ça que les écoles sont si importantes : ce sont des lieux où naissent de vraies relations humaines. Quand les élèves se sentent valorisés, pas seulement pour ce qu’ils savent faire, mais pour ce qu’ils sont, ils commencent à s’ouvrir, à instaurer la confiance, à nouer des relations qui comptent et à créer des ponts plutôt que des murs. Quand les élèves ont le sentiment d’avoir leur place, non seulement ils se sentent mieux, mais ils apprennent aussi mieux.
La voix des élèves, c’est bien plus que le simple fait d’être entendus
Lorsque les écoles cherchent à améliorer la santé mentale, un élément prime avant tout : la voix des élèves. Mais la voix des élèves ne se résume pas à les écouter; il s’agit de les impliquer. Cela va bien au-delà des sondages ou des formulaires de retour d’expérience ponctuels. Il s’agit d’associer les élèves au processus dès le début et de manière authentique.
Ne vous contentez pas de demander aux élèves ce qu’ils pensent. Co-créez avec eux! Impliquez-les dans les discussions dès le début. Laissez-les contribuer à l’élaboration des décisions et des solutions, car ils ne font pas seulement partie du système, ils le vivent au quotidien. Tant que les adultes sont prêts à écouter, les élèves sont prêts à s’exprimer.
À quoi ressemble vraiment le succès?
La réussite dans les écoles ne se résume pas à de meilleures notes ou à de meilleurs résultats aux examens. La véritable réussite, c’est quand un élève entre à l’école en se sentant serein, sans se sentir jugé. C’est savoir que l’on compte, même lors de nos pires journées. C’est pouvoir être soi-même sans crainte et nouer de véritables liens dans les salles de classe et dans les couloirs.
Les écoles sont sur la bonne voie lorsque les élèves se sentent en sécurité pour s’exprimer, demandent de l’aide sans crainte et s’impliquent parce qu’ils le veulent, et non parce qu’ils y sont obligés. Au cœur de tout cela se trouve un sentiment puissant : celui de l’appartenance.
Ces réflexions sont tirées du discours d’Ayomide sur le bien-être des élèves, le sentiment d’appartenance et la voix des élèves.
Ce qu’en disent les élèves de tout l’Ontario : #ONecoute 2024
Le projet #ONecoute 2024 a permis de rassembler les témoignages d’élèves de la 7e à la 12e année de tout l’Ontario, et le message est clair : les élèves souhaitent contribuer à façonner la prise en charge de la santé mentale dans leurs écoles. Les élèves n’étaient pas de simples participants ; ils étaient des partenaires à part entière. Le groupe de travail des élèves #ONecoute a contribué à l’organisation des discussions de groupe, à la conception des questions d’enquête, à l’identification et à l’analyse des thèmes clés, ainsi qu’à la description et à la visualisation des résultats.
Principales conclusions
La santé mentale doit faire partie intégrante de l’apprentissage
Les élèves souhaitent que la santé mentale soit intégrée à leur apprentissage quotidien, et non pas seulement abordée lors d’événements ponctuels. Ils réclament des échanges réguliers au sein de l’école ainsi que des occasions d’apprendre des stratégies pour prendre soin de leur santé mentale, de mieux comprendre les différents types de troubles mentaux et de savoir où et comment obtenir de l’aide. Ils ne se contentent pas d’une simple sensibilisation : ils veulent des outils concrets.
Le soutien et l’apprentissage en matière de santé mentale devraient s’étendre au-delà des écoles
Beaucoup ont fait remarquer que le renforcement de la littératie en matière de santé mentale, la réduction de la stigmatisation et la création d’un espace propice à des conversations ouvertes et bienveillantes peuvent faire une réelle différence, en particulier lorsque les parents et les aidants naturels sont à l’écoute des moments et de la manière dont les jeunes souhaitent être soutenus.
Les élèves souhaitent jouer un rôle moteur, mais ont besoin d’opportunités
Les élèves s’intéressent au leadership en matière de santé mentale, et nombreux sont ceux qui sont impatients de s’impliquer. Cela met en évidence une opportunité d’harmoniser les options disponibles avec ce que les jeunes trouvent significatif et motivant.
L’identité est importante
Les élèves ont souligné que l’identité joue un rôle majeur dans la santé mentale. Ils souhaitent se sentir acceptés et valorisés pour ce qu’ils sont, découvrir les expériences des autres et évoluer dans des espaces sûrs et respectueux. Ces conditions contribuent à renforcer leur sentiment d’appartenance.
Les adultes de confiance font la différence
De nombreux élèves ont déclaré avoir au moins un adulte de confiance à l’école. Un enseignant, un conseiller ou un coach peut faire une différence significative. Parfois, une seule relation de soutien peut tout changer.
Pour en savoir plus, consultez le rapport #ONecoute 2024.
Ce que les élèves demandent
Grâce à des groupes comme Pros’pairs SMS et ThriveSMH, et à des initiatives comme #ONecoute, les élèves sont clairs : ils veulent des actions concrètes, pas seulement des idées. Ils réclament des espaces plus inclusifs, plus d’occasions de créer des liens et des environnements scolaires plus sereins et plus solidaires. Mais surtout, ils veulent être considérés comme des partenaires, pas seulement comme des participants.
Comment tu peux agir
La santé mentale concerne tout le monde, et chaque voix compte. Tu peux t’impliquer en rejoignant ou en créant un club dédié à la santé mentale, en parlant de tes idées à un prof ou à un conseiller, en partageant ton point de vue dans des sondages ou des discussions, et en soutenant tes amis en prenant le pouls de leur état. Pour plus d’idées, jette un œil à Ton rôle en matière de santé mentale en milieu scolaire
Conclusion
Quand les élèves et les adultes travaillent ensemble, on ne se contente pas d’améliorer les écoles : on construit des communautés plus solides et plus soudées. Les élèves qui se sentent écoutés, s’expriment. Les élèves qui se sentent valorisés, s’impliquent. Les élèves qui ont le sentiment d’avoir leur place, s’épanouissent. Ton avis compte, et ensemble, on peut créer des écoles où chacun se sent pris en compte, soutenu et fort.
