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Les écoles sont le milieu idéal pour la promotion, la prévention et l'intervention précoce en matière de santé mentale. Grâce à une approche systématique et fondée sur des données probantes, nous pouvons aider les élèves à s'épanouir.

Comprendre la santé mentale et la maladie mentale

Bien que la santé mentale et la maladie mentale soient deux choses différentes, on confond parfois ces deux termes qu’on emploie de façon interchangeable

La santé mentale est un état positif où nous nous sentons bien et épanouis. Lorsque nous sommes en bonne santé mentale, nous aimons la vie, nous prenons des risques raisonnables après les avoir étudiés, nous surmontons l’adversité et nous trouvons des manières d’aider les gens qui nous entourent. C’est là quelque chose que nous souhaitons pour nous-mêmes, pour nos enfants et pour nos proches.

Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières NationsBien qu’il existe une foule de définitions différentes de la santé mentale, une définition particulièrement profonde et exhaustive se trouve dans le Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations (Santé Canada et Assemblée des Premières Nations, 2014). En effet, elle laisse entendre que la santé mentale et le bien-être mental constituent un « équilibre entre les aspects mental, physique, spirituel et émotionnel », et que nous avons tous—même les plus vulnérables d’entre nous ou ceux souffrant des troubles mentaux les plus graves—la chance de pouvoir devenir des personnes complètes et en santé.

Il y a renforcement de cet équilibre chez les individus qui ont un but dans leur vie quotidienne… un espoir qui repose sur un sentiment d’identité… un sentiment d’appartenance et d’attachement relativement à leur famille, à leur communauté et à leur culture et… le sentiment que la vie a un sens et qui comprennent de quelle façon leur vie et celles des membres de leur famille et de leur communauté s’inscrivent dans la création et dans une histoire riche. » (p. iv). Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations

Tout le monde a des problèmes affectifs de temps à autre. Il est important de se souvenir que, même lorsque nos enfants ou nous-mêmes éprouvons de graves troubles mentaux, il est toujours possible de s’en sortir et de retrouver son bien-être.

Une maladie mentale est un trouble grave et persistant sur le plan des pensées, des émotions ou du comportement qui constitue une source de détresse et nuit au fonctionnement quotidien. Étant donné que c’est le cerveau qui régit les pensées, les émotions et le comportement, on considère souvent la maladie mentale comme une maladie du cerveau.

Bien que cette affirmation soit partiellement vraie, la maladie mentale subit également l’influence d’une foule de facteurs, dont les suivants :

  • L’hérédité
  • Les déterminants sociaux de la santé (revenu, position sociale, environnement physique, accès aux soins de santé, etc.)
  • Le traumatisme aigu ou chronique

Les formes extrêmes de maladie mentale sont rares. (Par exemple, 1 % des Canadiens souffrent de schizophrénie.) Par contre, d’autres types sont plutôt communs.

Sachant que nous avons tous de temps à autre des troubles comme l’anxiété et les problèmes d’attention ou de l’humeur, il peut être difficile de déterminer si ces problèmes sont simplement une réaction normale ou de simples bas qui succèdent naturellement à nos hauts, ou encore s’il s’agit plutôt de troubles graves que nous devons faire traiter.

Il est encore plus ardu de faire la différence entre la maladie mentale et les sautes d’humeur constantes des adolescents. Par
ailleurs, il arrive souvent que les problèmes des enfants en bas âge ne soient pas diagnostiqués, car ces enfants n’expriment pas toujours leurs sentiments et leurs pensées de façon compréhensible pour les adultes.

Règle générale : Il faut consulter un professionnel si vous remarquez chez votre enfant un changement sur le plan du comportement, des émotions ou des pensées qui dure plus de deux semaines, qui est inquiétant et qui cause des problèmes au fonctionnement quotidien de votre famille.

La santé mentale, c’est plus que l’absence de maladie mentale. Certains croient que ces deux états se trouvent sur un continuum, comme l’illustre l’image ci-dessous, où l’on voit que nous sommes tous entre ces deux points et que
notre position sur la ligne varie en fonction des circonstances.

Un continuum horizontal dont la santé mentale est placé sur le côté gauche et la maladie mentale est placé sur le côté droit.

D’autres ont élargi ce concept et soulignent que même les personnes aux prises avec une maladie mentale peuvent se sentir en bonne santé mentale. C’est ce qu’on appelle parfois le modèle du continuum double, qui est illustré ici :

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Cette brève vidéo du Centre de toxicomanie et de santé mentale élargit cette notion et lui ajoute la dimension du continuum double.

  • D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les troubles mentaux seront la principale cause d’invalidité d’ici 2030 dans le monde entier.
  • Quelque 1,2 million d’enfants et de jeunes souffrent de troubles mentaux. De 18 % à 22 % des élèves ontariens répondent aux critères de la maladie mentale ou en présentent des symptômes possibles.3
  • Si certains problèmes semblent devenir moins prévalents (trouble du comportement, par exemple), d’autres sont en hausse au contraire (TDAH, dépression, anxiété, etc.).
  • Bien que plus d’élèves aient besoin d’aide psychologique, seulement de 22 % à 34 % des enfants et des jeunes ayant un problème de santé mentale reçoivent les services cliniques dont ils ont besoin.
  • Sur une note positive, c’est surtout à l’école que les enfants et les jeunes trouvent des personnes-ressources qui les aident. En effet, environ de 40 % à 50 % des enfants et des jeunes dont le père ou la mère a diagnostiqué son trouble mental cherchent de l’aide à leur école.
  • Si elles reçoivent les soins et le soutien dont elles ont besoin, les personnes souffrant d’une maladie mentale peuvent néanmoins se sentir bien sur le plan mental.

La promesse de la santé mentale à l’école

L’école est l’endroit idéal pour faire la promotion de la santé mentale, détecter dès le début les symptômes de la maladie, prodiguer des services et fournir un soutien constant. En favorisant la santé mentale à l’école, on encourage le bien-être, on facilite l’apprentissage et l’on économise des sous.

Dans les classes des écoles de tout l’Ontario, on peut profiter tous les jours d’occasions de donner aux élèves un but, de l’espoir, un sens et un sentiment d’appartenance. En renforçant, dès les premières années de l’existence des élèves, des compétences et des habitudes favorisant la santé mentale dans des classes attentives à leurs besoins, nous pouvons les aider à réussir et contribuer à prévenir ou à minimiser le fardeau d’éventuels problèmes de santé mentale.

Selon les recherches, des interventions scolaires en santé mentale, qu’elles soient universelles ou ciblées, peuvent atténuer les troubles mentaux chez les élèves. C’est l’intégration de la programmation à la pratique quotidienne qui semble donner les résultats les plus intéressants.

Lorsque l’élève se sent bien sur le plan mental, il est plus disposé à apprendre. La recherche a associé la participation à un apprentissage socioémotionnel de qualité à l’école à son bien-être affectif ET à ses notes.

Les élèves qui se font aider à acquérir des compétences socioémotionnelles de façon systématique, active et ciblée réussissent mieux les tests standardisés que ceux qui ne se font pas aider. En outre, l’intervention ciblée destinée aux élèves vulnérables peut contribuer à prévenir ou à corriger certains problèmes d’apprentissage.

L’adoption de pratiques efficaces liées à la santé mentale à l’école est économique. D’après les analyses menées dans plusieurs États, il serait très rentable d’investir dans la promotion de la santé mentale dès la tendre enfance.

Par exemple, les modèles économiques britanniques indiquent que l’apprentissage socioémotionnel (rendement de 83,73 £ par £ investi) et le programme de prévention de l’intimidation (rendement de 14,35 £
par £ investi) seraient tous deux rentables.

Selon les études canadiennes, la promotion de la santé mentale pendant la petite enfance serait particulièrement efficace (rendement de 6$ à 16$ par $ investi). On a aussi noté que les investissements en santé mentale à l’école généreraient des économies dans d’autres secteurs : la santé et la justice, par exemple.

Le continuum du soutien à la santé mentale à l’école

Comme on l’a fait remarquer plus haut, l’école est l’endroit idéal pour faire la promotion de la santé mentale, détecter dès le début les symptômes de la maladie, prodiguer des services et fournir un soutien constant. Afin d’organiser les soutiens et services les plus utiles à l’école, les leaders en santé mentale mentionnent un continuum de soins, souvent appelé le système de soutien échelonné. En Ontario, nous le nommons plutôt modèle harmonisé et intégré.

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Ce modèle contribue à organiser la promotion universelle de la santé mentale aux élèves (1er niveau), les services aux élèves qui sont peut-être vulnérables et ont besoin d’une « dose supérieure » de perfectionnement des compétences ciblé (2e niveau) et les mesures de soutien prodiguées aux élèves souffrant d’un trouble mental diagnosticable et ayant besoin de traitements et de soins constants (3e niveau).

Afin de promouvoir la santé mentale, il est essentiel de faire de la classe un milieu accueillant, inclusif et bienveillant où tous les élèves se sentent chez eux. Pour en savoir plus sur la création d’une classe favorisant la santé mentale, cliquez ici.

Le personnel scolaire et le personnel de soutien scolaire peuvent aider les élèves à se renseigner sur la santé mentale et à acquérir des habitudes saines. On peut effectuer les tâches suivantes dans les écoles et les classes qui favorisent la santé mentale :

  • encourager le sens de l’identité, les relations humaines et le sentiment d’appartenance
  • aider les élèves à apprendre à gérer leur stress et à demeurer optimistes
  • enseigner la santé mentale de façon à favoriser le développement des élèves
  • mettre l’accent sur le sens critique : se donner des buts, résoudre des problèmes, se concentrer sur les tâches et prendre des décisions
  • prendre des habitudes saines qui seront autant d’inspirations pour les élèves
  • réduire la stigmatisation
  • au besoin, mettre les élèves en rapport avec des moyens de soutien supplémentaires

Même s’il existe une foule de bonnes initiatives, de conférenciers intéressants et de programmes efficaces pouvant contribuer à faire la promotion de la santé mentale, il faut néanmoins adopter se montrer prudent en les choisissant.

La programmation en santé mentale peut être risquée et il arrive que des approches pleines de bonnes intentions nuisent au patient. Si vous n’êtes pas sûr d’une approche, consultez le leader en santé mentale de votre conseil scolaire.

Nous mettons aussi à votre disposition des outils d’aide à la décision , qui vous aideront à choisir un programme de santé mentale.

Santé mentale en milieu scolaire Ontario vous offre une panoplie de plus en plus riche d’outils et de ressources dans les domaines de l’apprentissage socioémotionnel et de la littératie en santé mentale. Toutes nos ressources sont fondées sur les données probantes et adaptées à la mise en œuvre.

Vous avez une idée d’initiative pour faire la promotion de la santé mentale? Communiquez avec nous et nous verrons si nous pouvons l’examiner dans notre laboratoire d’innovation et de mise à l’échelle pour la santé mentale dans les écoles, où nous testons les nouvelles idées à appliquer dans les écoles ontariennes.

Pour la plupart des élèves, les pratiques quotidiennes et l’aide d’un adulte bienveillant seront suffisants pour qu’il s’épanouisse. D’autres, par contre, auront besoin de plus de soutien.

Le personnel scolaire et le personnel de soutien scolaire peuvent remarquer de légers changements dans la conduite de l’élève et dans ses émotions à long terme. Ils peuvent détecter les symptômes précoces de troubles de santé mentale ou de maladies mentales, aider les élèves à exprimer leurs sentiments et les mettre en contact avec des gens ou des organismes qui peuvent les aider. Même si les membres du personnel scolaire ne sont pas des spécialistes de la santé mentale et sont incapables de diagnostiquer un problème mental, ils peuvent toutefois observer ce qui se passe et mettre l’élève en rapport avec ceux qui pourront l’aider.

En plus du soutien en classe qu’elles prodiguent constamment aux élèves vulnérables—comme les mesures d’adaptation prises et les modifications effectuées en réponse aux besoins pédagogiques, affectifs et comportementaux connexes de ces élèves—les écoles sont bien placées pour offrir des services de prévention et d’intervention précoce aux élèves dont les troubles mentaux sont légers ou modérés.

Les conseils scolaires ontariens ont pour la plupart engagé des professionnels de la santé réglementés (travailleurs sociaux, psychologues, associés en psychologie) qui sont formés à pratiquer des interventions préventives fondées sur les données probantes.

Santé mentale en milieu scolaire Ontario se dote d’une panoplie de plus en plus riche d’approches structurées en psychothérapie visant à améliorer la qualité et l’uniformité des services du 2e niveau. Ces approches sont fondées sur les données probantes et adaptées à la mise en œuvre.

À la page sur les professionnels de la santé mentale dans les écoles, vous trouverez les possibilités de formation dont pourront se prévaloir les professionnels de la santé réglementés. De plus, sachant qu’il existe aussi d’autres professionnels qui jouent un rôle important dans le soutien aux élèves vulnérables ou présentant des symptômes précoces de difficultés, nous avons décidé de créer des ressources destinées aux travailleurs auprès des enfants et des jeunes, aux enseignants orienteurs, etc.

En Ontario, c’est dans les écoles qu’on prodigue le plus souvent un soutien à la santé mentale aux enfants et aux jeunes. Cependant, bien qu’elles constituent l’endroit idéal pour faire la promotion de la santé mentale et offrir des services de prévention et d’intervention précoce, elles ne sont pas équipées pour pratiquer des interventions thérapeutiques intensives.

Lorsque des élèves sont aux prises avec une maladie mentale, il est essentiel de leur donner les types de soutien qu’on trouve hors établissement ou dans un établissement de soins de santé.

Le personnel scolaire aide à déterminer quand l’élève a besoin d’un soutien plus solide que celui qui est offert par les services de prévention et d’intervention précoce, et aide l’élève et sa famille à y accéder. Il continue de soutenir l’élève pendant qu’il reçoit ces services et aussi après qu’il les a reçus. Ce faisant, il renforce les compétences et les stratégies que les cliniques lui ont montrées.

Certains élèves ne veulent pas ou ne peuvent pas se prévaloir des services cliniques, mais ils continueront toutefois de fréquenter l’école. Il faut que les professionnels de la santé en milieu scolaire dont la profession est réglementée, le personnel scolaire, les parents et les familles se coordonnent entre eux pour organiser la création des meilleurs soutiens possibles pour l’élève, afin d’assurer son succès et son mieux-être. L’école doit aussi fournir du soutien en cas de crise aux élèves souffrant de maladies mentales.

En favorisant la santé mentale à l’école, en lançant des services de qualité en matière de promotion de la santé mentale, en offrant des services de prévention et d’intervention précoce, et en posant un filet de sécurité pour les élèves ayant des troubles mentaux, l’école peut tenir sa promesse et jouer un rôle important dans la santé mentale des jeunes Ontariens.

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Nous n'offrons pas de conseils, de consultations ni de traitements de santé mentale. Si vous ou une personne que vous connaissez êtes en état de crise, appelez le 911 ou rendez-vous au service des urgences le plus près. Vous pouvez aussi appeler Jeunesse, j'écoute au 1-800-668-6868.